L'appétit des skieurs canadiens

L'appétit des skieurs canadiens

Un podium par-ci, une place parmi les 10 premiers par-là, sans résultats flamboyants, les skieurs alpins canadiens sont restés sur leur appétit l'an dernier. À l'aube de la nouvelle saison, ils ont les dents longues.

Certes, ils ont terminé la saison 2015-2016 en force.

Marie-Michèle Gagnon a décroché la toute première victoire de sa carrière sur le circuit de la Coupe du monde en super-combiné à Söldeu. Quelques semaines plus tard, Erik Guay montait sur la troisième marche du podium en descente à Saint-Moritz lors du dernier arrêt du grand cirque blanc. Outre ses deux coups d'éclat, la campagne a été décevante pour ceux qu'on a déjà surnommés les « crazy canucks ».

« Pour la première fois depuis cinq ans, j'ai pu m'entraîner comme j'ai voulu cet été, a lancé Erik Guay rencontré au gala de la fédération canadienne de ski alpin, mercredi soir à Montréal. J'ai pu faire plus de musculation, plus de préparation en piste. En général, je me sens bien plus prêt pour la saison qui s'en vient. »

« La première partie de la saison a été difficile, d'ajouter Marie-Michèle Gagnon. Je revenais de blessures, j'ai eu de la difficulté à m'ajuster avec le nouveau personnel d'entraîneurs. La philosophie était un peu vieux jeu. Travail, travail, travail, regarde la vidéo, toujours en mode ski alpin. (...) tu perds le plaisir dans ce temps-là. L'atmosphère était moins bonne sur l'équipe à cause de ça. »

On a compris le message chez Canada Alpin. Et le ménage a été fait dans les bureaux. À la clé, on espère retrouver la voie du succès.

Une relève incertaine, mais un diamant brut

En quête de figures de proue depuis les départs à la retraite de Britt Janyk et de Kelly Vanderbeek, et même à la recherche de vedettes depuis les années Geneviève Simard et Mélanie Turgeon, l'équipe féminine de vitesse peut se consoler.

Avant longtemps, Valérie Grenier pourrait bien chasser les mauvais souvenirs et combler le vide en descente et en super-G.

Valérie Grenier PHOTO : RADIO-CANADA SPORTS


La Franco-Ontarienne originaire de Saint-Isidore vient de terminer la dernière saison avec un titre mondial junior en descente et un autre de vice-championne en super-G. De quoi faire rêver.

La jeune athlète de 19 ans devrait skier en bonne partie sur le circuit de la Coupe du monde cette année, malgré son âge junior.

« Ça va être une saison occupée, mais je ne veux pas me concentrer à faire juste une discipline pendant que je suis encore jeune, a-t-elle expliqué. Je veux garder mes options ouvertes. »

Bien qu'elle privilégie la vitesse, on verra Grenier en action au slalom de Levi en Finlande le 12 novembre. Déjà, elle excelle sur tous les tableaux.

« Je ne pensais pas faire de slalom, mais cet été, j'ai fait de l'entraînement dans toutes les disciplines et ç'a vraiment bien été pour moi. On a eu des essais canadiens entre Mikaela (Tommy), Candace (Crawford) et moi. Et j'ai gagné. »

Dans le petit monde du ski alpin, on est unanime. Une belle carrière se profile à l'horizon pour Valérie Grenier.

Encore deux ans pour Erik Guay

De son côté, sans rien confirmer, Guay sait que son temps achève.

« Je me dis qu'il me reste deux ans en ski alpin avant que je passe à autre chose. Les prochains Jeux (Pyeongchang, 2018), c'est ce que je me fixe comme objectif. Je vieillis, j'ai 35 ans, je vais en avoir 36 aux JO. Ensuite, ça va être le temps, à moins que ça aille extrêmement bien. »

Skieur le plus décoré de l'histoire canadienne, Guay ne veut plus se faire opérer. Après s'être fait nettoyer le genou gauche par une arthroscopie en juin 2014, le Québécois de Mont-Tremblant a songé à la retraite.

Un mauvais songe maintenant derrière lui, mais lorsqu'il s'élancera du haut de la piste à Lake Louise le 26 novembre, ce pourrait bien être le début de son avant-dernière saison.

Guay se fixe des objectifs précis. La médaille olympique et le globe de cristal en descente sont les deux pièces manquantes à son record canadien de podiums en Coupe du monde, son titre mondial en descente (2011) et son globe de cristal en super-G (2010).

Marie-Michèle Gagnon PHOTO : RADIO-CANADA SPORTS


Marie-Michèle Gagnon, elle, reste plus vague.

« C'est sûr je vais être super heureuse si j'ai une médaille aux Championnats du monde, c'est ça le but. Tu arrives 4e, 5e, personne ne se le rappelle. Ce serait un rêve, mais ce n'est pas comme : "Il faut que j'aille chercher une médaille." Je performe à mon mieux et j'ai une chance », a-t-elle conclu.

L'équipe féminine part pour la Suède le 4 novembre. Guay ira retrouver ses coéquipiers dans l'Ouest canadien le 8.

Source: Radio Canada Sports