Plus de vélo, moins de ski : la recette de Del Bosco

Plus de vélo, moins de ski : la recette de Del Bosco

Christopher Del Bosco. Photo : PC / AP Photo/Mark J. Terrill


Nombreux sont les athlètes qui, la mi-trentaine venue, amorcent inexorablement leur déclin; à plus forte raison lorsqu'ils traînent un passé aussi lourd que celui de Christopher Del Bosco. Mais le skieur à la double citoyenneté canado-américaine n'accuse pas le poids des années. Pas encore.

Un texte de Alexandre Gascon

À 34 ans, comment arrive-t-il à maintenir son niveau d'excellence sur le circuit de la Coupe du monde de ski cross?

« En faisant moins de ski », répond simplement le singulier personnage.

Ça ne paraît pas évident dit comme ça. Pour les profanes, il s'explique.

« Oui, je m'entraîne moins sur la neige. Pour moi, la vitesse en descente revient très rapidement, explique Del Bosco dans une salle obscure du cirque Éloize, quelques semaines avant de commencer cette saison préolympique à Val Thorens le 8 décembre. Alors je fais autre chose, de l'entraînement fonctionnel (cross training), un peu de temps dans le gymnase. »

Mais surtout du vélo de montagne, son dada de longue date avec lequel il renoue toujours l'été venu. Il en fait pour le plaisir et aussi un peu de compétition pour garder la main.

De Montréal, où il était basé depuis quelques années, il a déménagé ses pénates à Vail au Colorado, son état natal, un peu plus fertile en grosses montagnes que les Basses-terres du Saint-Laurent.

"Je pense qu'être sur la montagne avec mon vélo durant l'été, ça m'éloigne du monde du ski, ça me permet de décrocher. C'est bien. Quand arrive ce temps de l'année, je suis prêt."

La recette fonctionne pour l'athlète originaire de Colorado Springs aux États-Unis. Pour la quatrième fois de sa carrière, il a terminé au 2e rang au classement cumulatif de la Coupe du monde l'année passée. Encore une fois si près du globe de cristal de sa discipline, sans pouvoir y toucher.

« C'est frustrant », admet-il, petit sourire narquois aux lèvres.

La pédale au plancher

Del Bosco ne connaît pas la demi-mesure. Dans aucune sphère de sa vie d'ailleurs.

Ce caractère bien trempé qui l'a guidé à ses plus grandes réussites (deux médailles d'or aux X Games d'Aspen, un titre mondial en ski cross, 24 podiums en Coupe du monde) l'a aussi amené au bord du désastre.

À 17 ans, l'équipe américaine l'a suspendu deux ans pour consommation de marijuana. Il était alors champion américain de descente en ski alpin.

À 21 ans, il a été retrouvé dans un fossé en état d'ébriété avec le cou brisé. Sa sœur Heather l'a convaincu de se prendre en main et une deuxième chance inopinée est venue au moment où il s'y attendait le moins.

Son père étant né au Canada, Del Bosco en possédait le passeport. L'équipe nationale de ski cross a donc sauté sur l'occasion, et l'athlète de 34 ans a fait le saut en 2006.
Une décennie plus tard, le skieur sait exactement ce qu'il veut maintenant, ce qu'il lui reste à accomplir sur des planches.

« Il y a encore les Jeux olympiques. »

« J'aimerais être en position l'année prochaine de tenter ma chance à nouveau », lance-t-il.

Car Del Bosco se souvient trop bien de ses dernières expériences olympiques, surtout celle de Vancouver en 2010.

Troisième dans l'avant-dernier virage, le Canado-américain aurait pu se contenter de la médaille de bronze. Là où plusieurs athlètes auraient joué de prudence, Del Bosco a tenté un dépassement audacieux, très audacieux.

Il a perdu l'équilibre, chuté et terminé 4e, au pied du podium.

« Si c'était à refaire, je recommencerais. »

Peut-être en aura-t-il la chance aux Jeux de Pyeongchang en février 2018.