Apprendre la patience, la leçon de Dustin Cook

Apprendre la patience, la leçon de Dustin Cook


Dustin Cook a vécu une saison blanche l'année dernière. Loin des pentes de ski des plus belles montagnes du monde à soulever des poids au gymnase, le skieur d'Ottawa trépignait d'impatience. L'heure du retour a sonné.

Un texte de Alexandre Gascon


Trois jours avant le début de la campagne en octobre 2015, Cook s'est déchiré les ligaments croisés antérieurs du genou droit lors d'un entraînement en Autriche.

« Ç'a été la grande question : comment revient-on de ça? J'ai skié pendant 25 ans sans me blesser. Mais un seul accident ne changera pas ma perspective sur la course, sur les blessures. Je vais simplement continuer à faire ce que je fais depuis que je suis un enfant », lance l'athlète de 27 ans.

Foudroyé en pleine gloire, le skieur aujourd'hui installé à Lac-Sainte-Marie, en Outaouais, a eu de la difficulté à avaler la pilule, lui qui n'avait jamais subi une seule blessure majeure au cours de sa carrière.

En 2015, il venait de connaître, et de loin, la saison la plus faste de sa carrière. Sorti de nulle part, Cook est devenu vice-champion du monde du super-G, à Vail, au Colorado. Jamais auparavant n'avait-il été en mesure de se glisser dans un top 10 sur le circuit de la Coupe du monde...

Dustin Cook incrédule devant son résultat. Photo : GI / NATHAN BILOW

Mais le Québécois d'adoption a rapidement prouvé ne pas être un feu de paille. Il a enchaîné avec un podium à Kvitjfell et une victoire à Méribel pour conclure la saison. Quelques mois plus tard, la blessure survenait et le privait de ce qui s'annonçait une campagne prometteuse.

« La rééducation physique... j'ai eu des doutes. Je me disais : "Est-ce que ça va revenir comme avant?". Quand je suis retourné sur la neige, j'ai eu quelques virages difficiles, mais rapidement ça s'est placé. Dès le jour 1, je me suis dit : "Et voilà, tout va bien aller, on va avoir du plaisir." »

L'expérience des éclopés

Si Cook n'avait pas de référence de blessures, il n'avait qu'à regarder autour de lui. L'équipe canadienne masculine foisonne d'anciens éclopés qui lui ont partagé leur sagesse.

À commencer par Erik Guay qui pourrait sûrement écrire une thèse sur la question.

"Si j'avais été seul dans cette aventure, j'aurais été complètement perdu. [...] C'est une ressource précieuse que de les avoir (mes coéquipiers) à mes côtés. " Dustin Cook

« J'ai appris la patience, ne pas forcer les choses, peu importe à quel point tu as envie de revenir. Nous avons été intelligents de prendre notre temps. J'ai aussi compris que le ski de compétition n'était pas la seule chose dans ma vie, même si j'adore ça. Je veux continuer le plus longtemps possible, mais il y a plein de choses que j'aime faire. Je ne veux plus jamais me blesser, c'est sûr, mais tout n'était pas mauvais dans cette histoire », analyse-t-il avec philosophie.

Après près de 20 mois loin des pentes, Cook a renoué avec la compétition au traditionnel slalom géant de Sölden, en Autriche, le 23 octobre, où il n'a pu se qualifier pour la seconde manche de l'épreuve technique.

Mais le skieur mise surtout désormais sur le super-G, sa spécialité.

Et il attendait avec impatience celui de Lake Louise, le « vrai » lancement de la saison, avant que celui-ci ne soit annulé en raison du manque de neige.

Ses rivaux, qui l'ont vu apparaître comme une étoile filante à la fin de la saison 2015, devront donc à nouveau composer avec lui à Val d'Isère ce week-end.

« Si je ne me classe pas parmi les 10 premiers, je ne serai pas heureux. Mes objectifs sont beaucoup plus ambitieux que ça », conclut-il, l'œil malicieux.